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Saint-Gratien au bout du suspense

Au terme d’un chassé-croisé qui n’aura permis à aucune des deux équipes de s’échapper au score, c’est au onzième combat, disputé en mort subite, que Zackaria Belfouel qualifia les Arts Martiaux Saint-Gratien au Final Four au détriment de Juniville-Marnaval Grand Est.

Au jeu des pronostics, ce troisième quart de finale paraissait le plus indécis tant la démonstration des Valdoisiens en éliminatoires – deuxième place avec quatre victoires – contrebalançait avec l’effectif international aligné par les Champardennais depuis septembre. C’est d’ailleurs l’une de ses recrues de l’été, la double championne de France Julie Weill-dit-Morey (-52kg) qui ouvrait le bal en faisant rapidement pénaliser trois fois son adversaire, l’Italienne Kenya Perna, troisième des derniers mondiaux militaires.  

Giuffrida, guest-star efficace 

Son compatriote Angelo Pantano (-66kg), vainqueur fin janvier de l’open européen de Bulgarie, ramenait quant à lui le point dans le camp des locaux, constamment sur l’offensive au point d’étouffer le Cubain Orlando Polanco, cinquième des championnats du monde 2025, qui se faisait sanctionner d’une fausse attaque fatale à vingt-quatre secondes du terme alors qu’il venait d’inscrire yuko. C’est à nouveau Juniville-Marnaval qui reprenait les devants par l’intermédiaire d’une autre Transalpine, Odette Giuffrida, sacrée championne du monde des -52kg en 2024 et double médaillée olympique. Dans la catégorie supérieure, elle parvenait à balayer à deux reprises la très volontaire Maylis Rozan, pour deux yuko qui suffisaient à ravir son équipe. 

 

 

Falgon malmenée mais déterminée

Il ne fallait ensuite que quatorze petites secondes à Zackaria Belfouel (-73kg) pour expédier Tanguy Gérard sur un magnifique sode-tsuri-komi-goshi, tandis que Julie Falgon (-63kg) s’en sortait au golden score (de retour à ce niveau de la compétition) face à Loriane Bruhl. Pourtant dominatrice au kumikata avec son fort bras gauche, cette dernière se faisait piéger par en dessous par la vice championne d’Europe -23 ans 2025, d’abord sur kata-guruma puis sur morote-seoi-nage. Pour la première fois de la partie, c’est donc Saint-Gratien qui virait en tête au moment de regagner les vestiaires pour la mi-temps. Un avantage que le triple vice champion de Suisse (série en cours) John Waizenegger (-81kg) comptait bien bonifier face à Lou Lherbier, qu’il malmenait pendant le temps réglementaire sans pour autant trouver la faille. Et c’est finalement le combattant de Juniville qui s’imposait sur un enchaînement tai-otoshi/sumi-gaeshi au golden score.
 

La jeunesse gratiennoise au charbon

Dans la foulée, la vice championne olympique allemande Miriam Butkereit s’avérait trop forte pour la vice championne de France juniors 2025 Anaïs Nebout-Gonsard, ficelant sa jeune rivale au sol après une minute de combat. Mais la jeunesse gratiennoise ne lâchait rien et Jason Okoye (-90kg), très actif, poussait Abdoul Radir Drammeh à la faute jusqu’au hansokumake. 1-1, 2-2, 3-3 et donc 4-4 avant l’entrée en piste de Lyse Versmisse (+70kg), médaillée de bronze des derniers championnats de France, contre Anne-Fatoumata Mbairo, en or lors des éditions 2023 et 2024 et triple finaliste en Grand Chelem. Invaincue après trois apparitions dans l’équipe francilienne, la première poursuivait son sans-faute en surpassant le tani-otoshi mal préparé de son aînée d’un grand fauchage intérieur juste avant la mi-combat. Les « ippon, ippon » pleuvaient alors des tribunes le temps de la pause fraîcheur , jusqu’à ce que l’arbitrage vidéo ne valide définitivement l’action en faveur de Versmisse. 

 

 

Granda repousse la défaite… 

La balle de match était donc en faveur de Saint-Gratien, qui s’en remettait alors à son poids lourd Khamzat Saparbaev, triple médaillé de bronze national seniors, face au champion du monde 2022, l’expérimenté Andy Granda, de neuf ans son aîné. Sa tactique bien en place, principalement axée autour de ses sutemis, portait ses fruits puisque le Cubain concédait les deux premiers shidos de la rencontre. Mais la montée en puissance du spetuple champion panaméricain se révélait finalement irrésistible pour Saparbaev, à son tour sanctionné par deux fois avant de s’envoler sur le uchi-mata de son adversaire, fermement installé avec la main gauche à la ceinture, et de se retrouver cloué au sol. 

… jusqu’au nouveau coup d’éclat de Belfouel 

5-5, tout allait donc se jouer sur un onzième duel tiré au sort, et qui rappelait sur le tapis les -73kg Zackaria Belfouel et Tanguy Gérard. Soixante-dix minutes après leur premier affrontement express, l’affaire n’allait guère durer plus longtemps cette fois, Belfouel s’illustrant sur un seoi-nage revers à gauche qui mystifiait son adversaire. Le Parc des Sports Michel Hidalgo – SIVOM pouvait enfin exploser de joie ! Comme Montreuil et Boulogne-Billancourt, c’est donc un promu invaincu qui rallie le Final Four le 16 mai prochain, avec une équipe de Saint-Gratien qui aura montré beaucoup de caractère à domicile pour sortir victorieux de ce quart de finale irrespirable.

 

 

Rendez-vous mardi prochain pour le dernier ticket encore en jeu, avec la rencontre  entre Judo Nice Métropole et le Stade Bordelais, respectivement quatrième et cinquième des éliminatoires.
 

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