Actualités de la Judo Pro League

Recap de la semaine 10 de la JPL – Nice et Boulogne-Billancourt en patrons, Juniville Marnaval en embuscade

Juniville Marnaval Grand Est / Auxerre Judo : 6-3 

 

 

Une victoire pour commencer la saison, puis une défaite lors de la deuxième journée : à l’heure de la bascule sur la phase retour de ces éliminatoires, c’est avec un bilan identique que les deux équipes se retrouvaient à Rethel, devant près d’un millier de spectateurs. Une chaude ambiance que les combattants de Juniville Marnaval n’ont pas manqué d’attiser, prenant aussitôt les commandes de la rencontre. Impérial au kumikata, le champion du monde 2022 Andy Granda (+90kg) n’avait qu’à accélérer en deuxième partie de combat pour voir Bilel Zouani concéder une troisième pénalité synonyme de disqualification. La double championne de France des -52kg Julie Weill-dit-Morey ne laissait ensuite pas filer sa chance contre la Marocaine Soumiya Iraoui, scorant waza-ari sur un sode-tsuri-komi-goshi éclair avant de signer la projection de la soirée sur un modèle de morote-seoi-nage. C’est au sol que la démonstration junivilloise se poursuivait, par l’intermédiaire de Jules Cymbert (-66kg) qui se jouait – d’un waza-ari marqué en immobilisation – de Johnny Ozmanyan, champion de France cadets en 2022. La révolte icaunaise passait alors également par le ne-waza, avec cet étranglement limpide infligé à Ylona Wattecant par la vice championne d’Europe -23 ans 2025 Alya De Carvalho (-57kg), mais Tanguy Gérard (-73kg) se montrait plus entreprenant que Mohammed Berrabah, sanctionné pour la troisième fois du combat pour une saisie aux jambes à trente secondes du terme. 

 

Bruhl et Lherbier enfoncent le clou 

 

Afin de ne pas connaître le même dénouement qu’à Nice début novembre (défaite 3-4), les locaux repartaient sur les mêmes bases à la reprise, Loriane Bruhl (-63kg) enchaînant parfaitement en immobilisation son petit fauchage intérieur contre Lena Katia Siouane. À Lou Lherbier (-81kg) l’honneur d’entériner une victoire plus que précieuse, ce qu’il parvenait à faire sur le gong, obtenant un yuko par l’arbitrage vidéo après être astucieusement resté accroché sur la tentative d’arraché d’Ahmed El Meziati. À 6-1, Inès Prévot (-70kg) n’avait pas à se mesurer à la double championne du monde juniors Melkia Auchecorne, tandis que la défaite d’Abdoul-Radir Drammeh (-90kg) – contré deux fois sur son uchi-mata par l’Ukrainien Klymov Vsevolod – et le match nul entre la toute récente championne du monde vétérans Marine Erb (+70kg) et Océane Diarrassouba, s’avéraient anecdotiques. Avec six points, Juniville Marnaval, qui recevra Asnières (deux victoires au compteur également) le 21 janvier, garde son destin en main en vue des quarts. 

 

Dojo Béglais / Judo Nice Métropole : 2-5 

 

 

Condamnés à l’exploit face aux Azuréens, triples médaillés de la compétition (victoire en 2024, médaille d’argent en 2022 et médaille de bronze en 2025), les Béglais pouvaient compter sur Esteban Roulaud (-90kg), qui avait su sauver l’honneur girondin face à Asnières mi-novembre. Face à Sacha Gigli, finaliste du tournoi de Besançon il y a trois semaines dans la catégorie inférieure, il inscrivait à quelques secondes de la fin du temps réglementaire un waza-ari sur un uki-waza très rotatif. Perrine Barato (+70kg) ne s’alignant pas face à Grâce-Esther Mienandi-Lahou, tout était à refaire, et c’est le Niçois Tanou Keita (+90kg) qui sortait victorieux de son duel contre Alex Khouma en le contrant pour yuko à l’entame de la dernière minute. Après le match nul entre Diane Inguimbert et Léa Métrot en -52kg, c’est le Monégasque Abdesalem Khiri (-66kg), finaliste des derniers Jeux des petits États, qui insistait sur son balayage pour envoyer au tapis Pierre Dumontier, fils du fondateur du Dojo Béglais. 

 

Chloé Jean entretient l’espoir 

 

Parmi les prétendantes au podium national en -57kg la semaine prochaine aux championnats de France première division, Ophélie Velozzi assumait alors son statut en soumettant Cyrielle Vaubourdolle sur juji-gatame. Rodéric Prosper (-66kg) et la Croate Nina Simic (-63kg), troisième du Grand Chelem de Mongolie cet été, ne parvenant pas à trouver la faille chez les médaillés nationaux Driss Masson-Jbilou et Rania Drid, le sort de cette rencontre était déjà scellé avant le splendide ko-uchi-gari du Niçois Bastien Pons et la jolie partition offerte par la médaillée mondiale cadettes 2025 Chloé Jean, alignée en -70kg et victorieuse par deux yuko de la championne de France en titre Florine Soula. Un deuxième point girondin qui vaudra son pesant d’or le 21 janvier lors de la réception de Venelles Judo 13, l’une des six formations – avec le Dojo Béglais – à ne pas encore avoir connu la victoire cette saison. 

 

 

Stade Bordelais / AC Boulogne-Billancourt : 3-5 

 

 

En plus de constituer le remake de la finale des premiers championnats de France par équipes mixtes, ce Stade Bordelais / AC Boulogne-Billancourt en baisser de rideau de cette troisième journée allait dévoiler l’identité du sixième club à demeurer invaincu dans cette Judo Pro League. Avec deux forfaits en -52kg et +70kg, les Boulonnais savaient qu’ils n’avaient pas vraiment le droit à l’erreur, et c’est certainement ce qui a traversé l’esprit d’Ivan Chernyshenko (-90kg) et de l’Ukrainien Yevheniy Balyevskyy (+90kg), troisième du dernier Grand Prix de Lima, au moment de respectivement lancer uchi-mata et tani-otoshi à quelques secondes de la fin de leurs affrontements contre Kayss Leleu et Édouard Capelle. Deux victoires par ippon sur le fil qui rattrapaient immédiatement leur retard au tableau d’affichage, avant le match nul entre le Bordelais Kylian Noël (-66kg) et l’Italien Elios Manzi, en bronze le week-end dernier lors du Grand Chelem d’Abou Dhabi. 

 

Cabaret au bout du suspense 

 

Pas de vainqueur non plus à la reprise entre Lola Berthet (-57kg) et la vice championne d’Europe cadettes Alice Lopez, et un suspense encore entier avec les quatre derniers duels du jour. C’est le moment choisi par Eliot Prevé (-73kg), sélectionné de dernière minute pour l’épreuve par équipes des championnats d’Europe d’avril dernier, pour s’illustrer sur son yoko-tomoe-nage parfaitement exécuté au détriment de Nino Gonzalez. Médaillée des derniers championnats de France deuxième division, Zia Bourdole (-63kg) ramenait pour la troisième fois de la soirée le Stade Bordelais à hauteur de ses adversaires en imposant son uchi-mata à Mélanie Horvais, avant que l’Italien Giovanni Esposito, quinzième mondial des -73kg, ne redonne à nouveau l’avantage à l’ACBB en disposant de Mathis Roussel par deux yuko et un waza-ari chez les -81kg. « 3-4, 300-313 » affichait ainsi le tableau des scores, avec une donne claire avant l’entrée en piste d’Émilie Dando et de Naomi Cabaret en -70kg : seule une victoire par ippon pouvait encore offrir les trois points aux locaux. Un scenario auquel les spectateurs croyaient avec fermeté lorsque Cabaret, empruntée, recevait une seconde pénalité à une minute trente de la fin du combat. C’était pourtant la Boulonnaise qui marquait sur la séquence suivante en reprenant l’initiative pour yuko alors que Dando était installée au kumikata. Un maigre avantage qu’elle allait tant bien que mal conserver jusqu’au bout, pour offrir un troisième succès en autant de rencontres aux siens. Avec ce cinquième duel arraché de haute lutte, l’ACBB se hissait au troisième rang du classement au point-average. De bon augure avant le déplacement à Pontault-Combault le 13 janvier prochain, où les protégés de Romain Poussin tenteront de rester dans le top 4 pour recevoir lors des quarts de finale. 

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