Dojo Nantais / Montpellier Judo Olympic : 1-7

C’était en quelque sorte malheur au vaincu du côté du Dojo du Croissant de Nantes en ce début de semaine. Après les deux lourdes défaites (deux fois 1-8) en déplacement des locaux et le bilan mitigé des Montpelliérains à domicile, surpris par Juniville Marnaval Grand Est avant de rectifier le tir contre le JC Pontault-Combault, il était en effet impératif pour les deux équipes de prendre des points pour espérer prolonger l’aventure cette saison.
La jeunesse héraultaise souveraine
Face à Yann Lecorre, l’un des professeurs du Dojo Nantais, c’est Hugo David (-81kg) qui débloquait le compteur montpelliérain – ainsi que le sien après deux revers – de fort belle manière avec un enchaînement o-uchi-gari/immobilisation limpide. C’est également en ne-waza que Marie Dussoulier (-70kg), forte de quatre médailles en tournois seniors depuis septembre, trouvait la clé pour s’imposer d’un waza-ari contre la jeune Algérienne Inesse Chaima Abdelkader. Le Polonais Oleksii Boldyriev (-90kg), septième des derniers championnats d’Europe et du monde juniors, gérait lui aussi parfaitement son combat l’opposant à Marin Le Mentec, maintenant son waza-ari obtenu sur un seoi-nage inversé jusqu’au gong final. Et si Léa Machut (+70kg) apportait un quatrième point consécutif à Montpellier sans avoir à combattre, son compère Esteban Martins, monté en +90kg pour dépanner, résistait jusqu’au hikiwake contre Gaylord Jolly, récent médaillé mondial vétérans.
Pousse portée par ses élèves
À la reprise, Lalie Pousse (-52kg), elle aussi enseignante dans le premier club de Loire-Atlantique en termes de licenciés, faisait rugir de bonheur ses judokas en herbe, d’un étranglement joliment exécuté aux dépens de Jehanne De Bouard. Unique vainqueur nantais face à Auxerre, Abderhamane Hoummani (-66kg) redonnait lui aussi de l’espoir aux siens en marquant waza-ari puis yuko, mais il se faisait rattraper au jeu des pénalités… Si l’issue de la rencontre était désormais inéluctable, Manon Burnel, finaliste au tournoi de Lormont le week-end passé, faisait jeu égal avec la vice championne d’Europe juniors Emma Melis, pour le deuxième match nul de la soirée. Particulièrement à l’aise au corps-à-corps, le Britannique Irakli Goginashvili (-73kg), champion d’Europe et médaillé mondial juniors, s’illustrait alors pour remonter un waza-ari de retard marqué en début de combat par Titouan Le Mentec, par trois yuko et surtout un ippon inscrit sur un ko-soto-gari supersonique. Tout comme Eva Grassin (-63kg), impeccable sur son sankaku-jime qui ne laissait aucune chance à Lina Fachate. 1-7 score final et le plein de combats gagnés – une donnée qui aura toute son importance dans le classement final – pour Montpellier, qui aura son destin entre ses mains dans trois semaines lors de leur déplacement chez le tenant du titre orléanais.
FLAM 91 / JC Chilly-Mazarin Morangis : 7-3

Associés victorieusement sous l’entité « Paris Saclay » lors de la première saison de la Judo Pro League, les deux clubs essonniens se retrouvaient, comme l’année dernière où FLAM 91 s’était imposé 7-3, face-à-face en éliminatoires. Un derby que prenaient par le bon bout les Chiroquois, devant au score grâce à Lara Hieu-Filet (-70kg), en or mi-novembre au tournoi de Besançon et impeccable sur sa liaison debout-sol pour immobiliser Laura Duchaussoy. Comme il y a un an, Ibrahim Keita et Abderahmane Diao (-90kg) s’affrontaient ensuite, avec le point cette fois obtenu par le capitaine des Noir et Or, d’un yuko inscrit à l’entame de la dernière minute sur o-soto-makikomi. L’expérience faisait alors place à la jeunesse jusqu’à la pause sur les tatamis massicois. Trois duels entre juniors s’enchaînaient en effet, dont le premier qui voyait Yvana Trecy Kamga Ngangoum (+70kg), troisième des championnats de France juniors 2024, se montrer plus impactante que Mahora El Moudni qu’elle renversait d’un puissant coup de volant avant de conclure au sol. Le médaillé mondial juniors Mathéo Akiana-Mongo (+90kg) alourdissait alors la marque pour FLAM 91 en trouvant la faille, d’un sumi-gaeshi valorisé waza-ari, contre Kris Oliver Siewe Djiekam, en or du côté de Poitiers deux jours plus tôt, avant que Sarah Bothy (-52kg), sélectionnée des derniers mondiaux juniors, ne relance le JCCMM en tenant jusqu’au bout des cinq minutes réglementaires son yuko d’avance contre Fine Pamédie Katendi Nzuzi, médaillée nationale en début d’année.
Le jackpot en deuxième mi-temps
Si rien n’était fait à 3-2 à la pause, FLAM 91 passait aussitôt la vitesse supérieure, dans le sillage de sa recrue phare de l’été, le double médaillé olympique des -60kg Luka Mkheidze, qui faisait au passage son retour à la compétition depuis les mondiaux de Budapest en juin. Un premier waza-ari marqué sur sumi-gaeshi juste avant la pause, puis un second en accompagnant sur le dos Sasha Quentin pour le cinquième mondial qui reprendra à l’international à l’occasion du prochain Grand Chelem de Tokyo. La championne du monde juniors 2021 Chloé Devictor (-57kg) et Lou Lemire (-63kg), troisième du dernier open européen d’Italie, faisaient admirer leur savoir-faire au sol en poussant leurs adversaires à l’abandon sur juji-gatame, tandis que Mickaël Dubois (-73kg) n’avait pas à combattre pour participer à la fête. Et si le dernier combat était gagné aux pénalités par Spiros Eleftheriadis, cinquième des deux derniers championnats de France après avoir raflé l’argent en 2022, ce large succès (7-3) de FLAM 91 permettait au groupe de Louis Masy et Mathias Boucher, toujours invaincu après trois journées, de doubler les Arts Martiaux Saint-Gratien au nombre de points marqués.
US Orléans LJJ / Venelles Judo 13 : 8-1

Avec deux revers concédés contre des clubs franciliens jusque-là, le bilan de l’US Orléans et de Venelles Judo 13 était similaire au coup d’envoi de cette troisième rencontre de la semaine. Fâcheux pour le tenant du titre orléanais qui, bien que toujours privé de sa médaillée européenne Martha Fawaz, avait donc à cœur de lancer pour de bon sa saison de Judo Pro League devant son public. Première en piste, Lili Nguyen (-63kg) ne tergiversait pas pour faire abandonner sur juji-gatame la toute récente médaillée mondiale vétérans Laetitia Blot, deux podiums en Grand Chelem en 2014. Même sentence pour Cassandre Morisset (-70kg) et Neo Manfruelli (-90kg), contraints à taper sur les clés assénées par Ilona Depri et Max Laborde, après qu’Arnaud Aregba (-81kg), vainqueur du premier Grand Prix de Sa carrière mi-novembre à Zagreb, ne se soit offert Benjamin Constant en suivant habilement au sol après avoir marqué waza-ari sur uchi-mata. Au courage, la championne de France de jujitsu combat 2025 Sherley Dort tenait pour sa part le match nul contre l’Italienne Tiziana Marini, médaillée de bronze lors des derniers championnats d’Europe -23 ans, pour ne pas laisser de place aux doutes dans les têtes loirétaines avant le retour aux vestiaires.
Ndiaye, seule éclaircie venelloise
Si Amaury Cerisier (+90kg) s’avérait impuissant face au quadruple champion d’Afrique sénégalais Mbagnick Ndiaye, qui finissait par l’immobiliser après l’avoir impacté à deux reprises en deuxième partie de combat, les légers Rouge et Blanc allaient assurer le spectacle jusqu’au bout. La championne de France en titre des -48kg Anaïs Perrot se jouait dans la catégorie supérieure de Manon Comeyne d’un tranchant ippon/ko-uchi-gari, imitée par Enzo Jean (-66kg), à l’honneur comme Arnaud Aregba en Croatie il y a deux semaines, qui avait le mot de la fin sur un ippon-seoi-nage contre Guillaume Hureau. En -57kg, Clara Wentzler faisait parler son allonge pour imposer son uchi-mata à la Guinéenne triple championne d’Afrique Mariana Esteves, tandis que Zakary Ainseba, pour son retour dans l’épreuve après avoir suivi les deux premières journées des tribunes, renversait en fin de combat le Gambien Faye Njie. Trois points et huit combats gagnés qui font les affaires d’Orléans, condamné à un nouveau carton dans trois semaines à domicile contre Montpellier pour espérer rallier les quarts sur le fil.


















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